Samedi 29 août 2009 6 29 /08 /2009 10:47
Nous confirmons : 2 de nos ruches sont installées à Castelnau le lez, nous les avons placées ici pour les surveiller, les colonies étaitent faibles.
Aujourd'hui, elles se portent bien, très bien effet, ont plus de réserves que leurs amies en campagne...


LE MONDE | 28.08.09 | 17h43

De nouveaux locataires ont pris possession du château de Versailles, de
l'Opéra de Lille et d'encore bien d'autres édifices en France : les
abeilles. "Elles trouvent en ville tout ce qu'il faut pour se nourrir,
explique Nicolas Géant, apiculteur en charge des ruches installées sur le
toit du Grand Palais, à Paris. Une myriade de fleurs et d'arbres s'offre à
elles. Au contraire de la campagne, où le paysage n'est fait que de champs
qui se succèdent les uns aux autres."


Les abeilles de Nicolas Géant ont trouvé au Grand Palais un emplacement de
rêve, disposant notamment du parc de l'Elysée et du jardin des Tuileries. La
pollution des villes n'est certes pas idéale, mais, comme l'explique
l'apiculteur, "il y en a une autre, bien plus grave, celle due aux
insecticides, engrais et fongicides en tout genre. Dans les campagnes, le
taux de mortalité est de 30 % à 50%, alors qu'il est bien moindre en ville."

C'est au lycée que, il y a vingt-cinq ans, Nicolas Géant s'est découvert une
passion pour ces insectes en participant au "club abeille" de son école pour
occuper ses mercredis après-midi.

SENSIBILISATION

Aujourd'hui c'est le Grand Palais qu'il a choisi pour installer ses ruches.
"Un lieu mythique en plein coeur de Paris", voilà ce qu'il désirait pour ses
protégées. Deux ruches y ont trouvé leur place, contenant chacune 80 000 à
90 000 abeilles en été, mais Nicolas Géant ne va pas s'arrêter là : il
compte installer trois nouvelles ruches, "l'objectif étant de produire une
tonne et demie de miel".

Yves Saint-Geours, le président du Grand Palais, n'a pas hésité une seconde
face au projet de M. Géant : "Lorsqu'il nous a contactés, nous avons tout de
suite dit oui." Dans quelques jours aura lieu la première récolte du miel
estampillé "Miel du Grand Palais", et celle-ci risque d'être bonne. En
moyenne, sur Paris, les récoltes peuvent atteindre 100 kg de miel par an et
par ruche, contre une dizaine en moyenne à la campagne.
Le "Miel de
l'Opéra", produit par des ruches installées depuis longtemps sur les toits
du Palais Garnier, lui, a déjà trouvé sa place dans les boutiques de luxe,
et reste aujourd'hui l'un des plus chers du monde.

De son côté, l'Union nationale de l'apiculture (UNAF), créée en 1946, a
lancé fin 2005 l'opération "Abeilles, sentinelles de l'environnement". Ce
programme vise à intégrer l'abeille dans l'espace urbain. "Le but étant de
sensibiliser le public, explique Félix Gil, apiculteur et responsable des
formations et des ruchers des bases de loisirs d'Ile-de-France, non
seulement sur la disparition massive des abeilles, mais aussi sur leur
importance dans la préservation de la biodiversité." Vincent Hennion, quant
à lui, s'occupe des trois ruches installées sur le toit de l'Opéra de Lille,
ainsi que de celles du jardin botanique, en plus de son propre rucher.

M. Hennion y reçoit en moyenne 5 000 visiteurs par an, tous curieux d'en
savoir plus sur les abeilles. L'apiculteur se dit "surpris de l'engouement
que cela a suscité. On a du mal à suivre. Les écoles d'apiculture sont
pleines. J'ai même commencé à vendre des ruches à des particuliers qui
veulent en installer dans leur jardin. De plus en plus de villes veulent
participer au projet de l'abeille sentinelle."

L'UNAF et ses apiculteurs partenaires sont tous ravis de voir qu'ils ont
réussi leur pari : "Les gens ont désormais un regard différent sur les
abeilles, explique Vincent Hennion. Beaucoup s'en méfiaient. Aujourd'hui,
ils admirent davantage leur travail exceptionnel."

Lucie Lecocq
Article paru dans l'édition du 29.08.09


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